Comme je ne sais pas comment commencer mon article, je vais commencer par "comme je ne sais pas comment commencer mon article".
Ah voilà ça va mieux, l'article est lancé, je peux continuer. Oui, je sais que ça fait de la peine de lire une blogueuse qui se parle à elle-même les dix premières lignes (dix?! elle va faire dix
lignes comme ça?!!!), mais que voulez-vous. Je me rends compte que depuis la Chine, j'ai beaucoup perdu de ma blog-spontanéité. Oui parce que voyez-vous, en Chine, j'avais l'impression de faire
quelque chose d'extraordinaire ! Passer un an dans une école de go, devenir la meilleure joueuse... du quartier?!, apprendre à parler chinois (genre...), tout ça tout ça ! Mais maintenant quoi ?
Maintenant je suis au Brésil pour finir mes études, la belle affaire ! Chaque jour j'ai des cours de génie civil, pas de quoi écrire des articles passionnants. Je vois d'ici le tableau : "alors
aujourd'hui j'ai eu cours de systèmes de bâtiments, j'ai appris à dimensionner les réseaux de sprinklers, j'ai appris un nouveau mot en portugais... ah non attends même pas, sprinkler se dit
sprinkler en portugais..." Passionnant...
Et voilà, une dizaine de lignes, je vous l'avais dit. Le bloquage passé, parlons un peu de mon université : USP. J'aimerais vous dire que USP est comme n'importe quelle université, mais je ne
pense pas. J'aimerais aussi vous dire que USP est radicalement différente des autres universités, mais une fois encore je ne pense pas. La vérité : c'est la première fois que je mets le pied à
l'université. Le plus proche que j'ai jamais été d'une université, c'était la Sorbonne près de l'ESTP, et encore ! En période de manif CPE, j'essayais de faire le tour !
Le truc qui frappe quand on rentre à USP, c'est qu'on a un peu l'impression que c'est désert. Je veux dire, à part les lunatiques qui font leur jogging le matin (sérieusement, à 7h du matin ! Je
ne peux même pas marcher à 7h du matin !!!), je passe en bus devant des dizaines de bâtiments et autant d'élèves ! Mais ce n'est pas qu'il y ait moins de gens, c'est surtout que le campus fait je
ne sais combien d'hectares, regroupe des universités de tout entre lesquelles t'as la place de coller un jardin du Luxembourg ! Et quand je dis des "universités de tout", je ne plaisante
pas : tu peux étudier l'économie, l'art, la littérature, la biologie, la physique, la chimie, les maths, la médecine, le sport, la psychologie, l'odontologie, l'océanographie, la métalurgie,
l'informatique, etc... D'ailleurs, USP a son propre hopital, son propre stade, sa propre piscine olympique et même sa propre portion de rivière pour faire de l'aviron ou je ne sais quoi...
Juste pour vous prouver qu'il y a de tout : ci-dessus, le bassin aux carpes et tortues de mon bâtiment
Tout ça pour dire que sur les 45 min que je mets pour aller en cours, 20 sont dans le campus même ! On est bien loin des 5 min à pied entre le portail de l'ESTP et ma minuscule chaise d'amphi
coincée entre... personne et personne vu que personne n'allait en cours...
D'ailleurs les amphis parlons-en. En réalité, on est plus proche de la salle de classe telle qu'on l'a tous connue au collège et au lycée que de l'amphithéâtre pouvant contenir des centaines de
personnes. Je ne m'en plains pas d'ailleurs, je suis très satisfaite d'avoir une chaise et une table indépendantes et qui donc ne bougent pas avec l'impatience de mes voisins de côtés, devant et
derrière.
Le nombre d'élèves lui varient en fonction des cours mais en général nous sommes entre 20 et 30 en classe. Les arrivées, départs et sorties momentanées s'échellonnent, mais je parlais de ça dans
une autre article... Oui, ma vie est maintenant à l'université, si je crache tout dans un seul article, je serais sèche pour le reste de l'année !
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